Conseil municipal du 2 avril 2024 – Propos liminaires – Taran Marec

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Taran Marec, conseiller municipal de la ville de Brest, est intervenu lors du dernier conseil municipal pour exprimer le souhait des élus communistes pour la paix et un cesser le feu mondial.

 

 

 

Conseil municipal du 2 avril 2024 – Propos liminaires – Taran Marec

« Monsieur le Maire, mes chers collègues,

En ce début de Conseil Municipal, élus communistes, nous souhaitions dire quelques mots sur la gravité du contexte international actuel et des guerres qui font rage dans plusieurs régions du monde.

L’humanité, qui nous rassemble, toute et tous ici, Monsieur le Maire, mes chers collègues, doit conduire notre Conseil à porter un message de paix, celui d’un cessez-le-feu global, car oui, il y a urgence aujourd’hui à ce que les armes se taisent, partout dans le monde.

En Ukraine, tout d’abord.

La Guerre déclenché par le dictateur Poutine contre l’Ukraine, il y a maintenant deux ans, est odieuse.

Nous l’avons durement condamnés. Ce choix est un crime contre la souveraineté et l’intégrité territoriale d’un pays et contre le droit international.

Il a entrainé le retour de la guerre sur le sol européen.

Ce conflit abominable plonge les populations, notamment ukrainienne, dans un cauchemar insoutenable. Il menace aujourd’hui la sécurité de toute l’Europe et du monde car le risque d’une escalade guerrière incontrôlable et donc d’un conflit généralisé, augmente de jour en jour.

L’évolution de la situation montre en effet qu’en dépit de l’aide militaire fournie, cette escalade de la guerre n’a pas apporté de réponses solides ni aux aspirations des ukrainiens à vivre libre et en sécurité, ni à la nécessité de rétablir la paix.

Pire, le risque de généralisation du conflit n’a jamais été aussi fort.

Les déclarations récentes bellicistes du Président de la République, et la signature d’un accord militaire entre la France et l’Ukraine, lourd de conséquences, vont dans cette direction, celle d’une stratégie guerrière aussi aventureuse que périlleuse.

Tout cela a de quoi nous inquiéter au regard des conséquences dramatiques qu’un conflit et une guerre généralisés emporterait pour toutes les populations. Taran Marec - Copie

Ici à Brest, nous le savons malheureusement trop bien. Notre Ville, entièrement détruite puis reconstruite, les Brestois et les Brestoises, gardent en mémoire les stigmates de la Seconde Guerre Mondiale et comment elle a profondément bouleverser le court des choses, des vies, des destinées.

Communistes, nous souhaitons donc porter de nouveau notre message au sein de cette Assemblée :

Il n’y a pas de solution militaire au conflit engagé aux frontières de l’Europe, sauf à consentir à l’engrenage d’une guerre qui sera généralisée, européenne, et possiblement nucléaire.

A rebours des va-t’en guerre, nous disons que tout doit être entrepris afin d’éviter une fuite en avant militariste, synonyme, pour toutes et tous, de grand saut dans l’inconnu.

Tout doit être entrepris, au niveau national, au niveau européen, pour déployer de nouveaux moyens diplomatiques et trouver une solution pacifique à ce conflit.

La paix n’est pas une capitulation mais la défaite des fauteurs de guerre.

Oui, notre pays doit aider les Ukrainiens à résister contre l’invasion russe, à geler le front, mais il faut, parallèlement, en lien avec l’ONU, porter la voix d’un règlement diplomatique et durable de ce conflit, avec un cessez-le-feu, absolument nécessaire, avec un retrait des troupes russe, avec un traité de Paix et de sécurité collective, respectant la souveraineté de chaque pays.

200 000 morts, en deux ans, civils, militaires, il faut que cette guerre cesse !

En Palestine et en Israël, également, la situation est chaotique.

Après les attaques terroristes du Hamas qui ont tué près de 1400 israéliens, l’offensive de l’armée israélienne est dévastatrice.

Plus de 30 000 Palestiniens dont 3000 enfants sont morts. 75 000 sont blessés.

Ce bilan terrible s’alourdit de jour en jour.

Quelle est la situation aujourd’hui dans la bande de Gaza ?

Les bombardements sont incessants, quotidien.

Maisons, infrastructures, Gaza est presqu’entièrement détruite.

L’eau, l’électricité et les communications sont coupées, l’aide humanitaire  régulièrement bloquée.

Les largages par avion sont très insuffisants, inefficaces et dangereux.

Les hôpitaux, dont les 2/3 ne sont plus opérationnels et lorsqu’ils ne sont pas pris pour cible par Israël, sont débordés et impuissants.

Le territoire est en proie aux épidémies et à la famine. L’OMS annonce que 93 % de la population de Gaza souffre de « faim extrême » et 25 % de « famine ».

Plus de 1,5 million de Palestiniens, chassés de force de leurs maisons, ont dû fuir ces dernières semaines au sud de Gaza et trouver refuge à Rafah que le gouvernement Netanyahou menace d’attaquer à tout moment.

Des millions de personnes ont ainsi été déplacés et des massacres de masse ont été provoqués par le gouvernement israélien pour se faire.

De risque de génocide, nous sommes passés à un génocide tout court. La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens relate en effet dans son rapport paru le 26 mars des « actes de génocides » commis par l’Etat d’Israël dans la bande de Gaza.

Mme Albanese a été menacée depuis…

Par ailleurs, l’on dénombre encore 132 otages israélien détenus par le Hamas dans la bande de Gaza.

En Cisjordanie, la situation est tout aussi catastrophique, l’armée et les colons chassent les Palestiniens de leurs terres, multiplient les arrestations, les détentions arbitraires et pratiquent la torture.

Chacun et chacune ici ne peut que le constater, ce qui se déroule actuellement au Proche-Orient est une véritable tragédie et il sera bientôt trop tard pour agir.

Soyons très clairs sur le drame qui se déroule en ce moment même au Proche-Orient : le droit du Peuple Israélien à vivre en sécurité est crucial. Les attaques terroristes dont il a été victime de la part du Hamas sont effrayantes, monstrueuses.

Mais il n’autorise pas le gouvernement israélien d’extrême droite de Netanyaou à massacrer des civils innocents et à étouffer le droit à l’auto-détermination du peuple palestinien, le droit de celui-ci à disposer de lui-même, avec un Etat.

Communistes, nous disons que les attaques terroristes du Hamas comme les crimes de Guerre d’Israël sont injustifiables, inexcusables.

A la vérité, le Hamas et le gouvernement israélien d’extrême droite israélien ne sont que les deux côtés d’une même pièce dont nous doutons qu’elle soit la garantie d’une paix durable dans la région.

L’on souhaite bien sûr que les pourparlers actuels aboutissent.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a récemment adopté une résolution appelant à un cessez le feu immédiat et à la libération des otages israéliens.

Face à la spirale de violence, la vote de cette résolution est une avancée et un appui diplomatique important pour faire avancer la Paix.

Cette résolution doit être respectée, en premier lieu par le Hamas et l’Etat d’Israël, de plus en plus isolés.

De nombreuses voix en faveur de la paix se font entendre pour exiger un cessez-le-feu immédiat et permanent. La revendication d’une solution à deux États gagne en ampleur.

Communistes, nous partageons ces mots d’ordre.

Nous demandons la libération de tous les otages israéliens détenus dans la bande de Gaza à la suite des attaques terroristes commis par le Hamas le 7 octobre dernier.

Nous demandons aussi la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens, dont Marwan Bargouti.

Populaire et fédérateur, soucieux des peuples, Marwan Bargouti se veut être un homme de la Paix, comme Nelson Mandela le fut en Afrique du Sud après des années d’emprisonnement.

Il y a besoin de voies et de visages porteurs de Paix. C’est pourquoi la libération de Marwan Bargouti, s’impose.

Avec tous les collègues de la majorité, nous accueillions également à l’été 2023 Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, emprisonné en Israël des années durant, sans jugement.

Nous échangions avec lui quant à nos espoirs communs de paix dans la région.

Cette petite flamme de la Paix, elle ne doit jamais s’éteindre.

Bien au au contraire, elle doit se raviver, avec force, avec notre soutien, Monsieur le Maire, mes chers collègues,

D’ici là, vous pouvez compter sur les communistes pour œuvrer et soutenir toutes les actions de solidarités avec le peuple palestinien, qui seront mener ici localement;

S’inscrivant dans cette longue tradition de solidarité internationale, la Ville de Brest s’est honoré en accueillant en fin d’année dernière, au groupe scolaire du Forestou, 24 enfants Ukrainiens, pour leur offrir une période de répit et de réconfort.

Elus communistes, nous souhaitons bien sûr voir ce type d’initiative de solidarité internationale se reproduire, pour des jeunes gazaouis notamment.

Peut être sous une forme différente, cela est à réfléchir.

De la même manière, notre collectivité hissait le drapeau ukrainien sur l’hôtel de ville au début du conflit.

Pourquoi ne pas réfléchir à hisser un drapeau symbolisant la Paix, marquant notre attachement à la paix, notre vœu le plus cher pour les peuples palestiniens et israéliens, ukrainiens, pour toutes les régions du Monde !

Car oui, au plan mondial, l’urgence pour l’Humanité est que les armes se taisent !

Oui, il faut un cessez le feu pour l’humanité car il n’y aura aucune solution militaire à ces conflits.

Oui, il faut un cessez le feu pour l’humanité parce que l’impact de toutes ces guerres, avec une nouvelle course à l’armement des grandes puissances, détruit des êtres humains, détruit la Planète et détournent des richesses indispensables à la lutte pour le progrès social, humain et écologique,

Oui, au lieu de guerres sans fin, choisissons la voix de la Paix, de l’Humanité, de l’intérêt des Peuples et de leur coopération.

Les hommes et les femmes « qui poussent la volonté de paix sont les serviteurs du progrès social », disait Jean Jaurès.

Le Président de la République, La France, avec l’Union Européenne, doivent être à cette initiative, celle d’un plan pour la paix, mondial.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, je vous remercie. »